Les films en PVC sont très répandus pour l’habillage complet des véhicules. Cependant, le PVC fait l’objet de critiques. Sera-t-il possible, à l’avenir, de se passer du polychlorure de vinyle dans le domaine du car wrapping ?

Le polychlorure de vinyle (PVC) est aujourd’hui considéré comme la norme dans le domaine du car wrapping. Ces dernières années, on observe toutefois une tendance visant à réduire l’utilisation du vinyle comme support d’impression numérique. En effet, ce matériau est considéré comme peu respectueux de l’environnement et difficile à recycler. Cet article fait le point sur la situation actuelle concernant l’utilisation du PVC pour l’habillage de véhicules et présente ses avantages, ses inconvénients ainsi que les alternatives existantes.

PVC : toujours la norme pour les habillages de véhicules

« La grande majorité des films de habillage automobile vendus en Allemagne et en Europe (par Spandex) est toujours constituée de matériaux en PVC. Les alternatives sans PVC ne représentent actuellement qu’une part modeste, mais croissante, du marché ; selon les pays et les segments de produits, leur part est estimée à un pourcentage à un chiffre », précise Stephanie Edling, coordinatrice marketing et gestion des produits chez Spandex Deutschland GmbH.

La situation ne devrait pas être fondamentalement différente chez les autres fabricants et fournisseurs de films. En effet, la plupart d’entre eux ne proposent qu’une gamme restreinte de films sans PVC. Ceux-ci sont généralement à base de polyuréthane thermoplastique (TPU) ou de PU, de polypropylène (PP) ou de PET.

La prédominance actuelle du vinyle tient avant tout à ses avantages. En effet, les films en PVC sont réputés pour leur longévité et leur résistance aux intempéries, aux rayons UV et aux contraintes mécaniques. De plus, ils s’adaptent facilement aux contours d’un véhicule. En ce qui concerne les films imprimables destinés au marquage des véhicules, il faut ajouter que des encres d’impression numérique à base de solvants ont été spécialement développées pour le vinyle. Cependant, les encres latex et les encres à séchage UV offrent souvent encore les meilleurs résultats sur les films en PVC.

Cependant, une évolution est en train de s’opérer dans ce domaine, comme l’a observé Marco Kimmich, président de la GEWA General-Wrapping-Association e. V. : « Ces dernières années, les clients – en particulier les équipementiers et les gestionnaires de flottes – ont demandé des films sans PVC. Mais les fabricants de films ont mis du temps à s’adapter, ce qui a limité considérablement la capacité des poseurs à répondre à cette demande. Mais aujourd’hui, le marché s’anime et des films en TPU sont proposés pour le covering automobile. Ces films en TPU ont tout pour changer la donne, car ils allient à la perfection changement de couleur et protection de la peinture. »

Dans le domaine du car wrapping, les films PVC restent pour l’instant la norme. Sur la photo : la série KPMF VWS 4, disponible notamment depuis la mi-mars 2025 chez Spandex. Photo : Spandex.

Va-t-on continuer à utiliser le PVC ?

Les films et laminés en PVC se déclinent dans une grande variété de couleurs et de textures de surface. Ils sont disponibles aussi bien sous forme de produit calandré économique destiné à une utilisation à court terme sur des surfaces planes que sous forme de film coulé haut de gamme pour les collages en 3D, offrant une durée de vie en extérieur de cinq ans et plus. Il n’est donc pas étonnant que les films PVC restent omniprésents dans la fabrication de bannières, d’autocollants et de signalétique. Pour l’instant, il n’est donc pas question de « No Go ».

C’est ce que confirme également Stephanie Edling : « Les films en PVC offrent une grande souplesse, une longue durée de vie et une bonne malléabilité, qualités essentielles pour les habillages de véhicules. Les alternatives totalement exemptes de PVC présentent encore actuellement des limites en termes d’élasticité et d’adaptabilité, de sorte qu’un remplacement complet n’est pour l’instant pas envisageable. »

Marco Kimme voit les choses un peu différemment : « Le TPU est nettement supérieur au PVC à presque tous les égards », affirme-t-il, et il peut citer de nombreuses raisons à l’appui. Ainsi, le TPU offre notamment une résistance nettement supérieure aux UV, aux produits chimiques et aux intempéries, et vieillit plus lentement. Cela vaut aussi bien pour les surfaces horizontales que verticales. Les films sont par ailleurs « auto-réparateurs » : les petites rayures disparaissent donc d’elles-mêmes sous l’effet de la chaleur. Les clients du car wrapping bénéficient des excellentes propriétés de protection de la peinture offertes par le film TPU, même par temps très froid ou très chaud, ainsi que de couleurs particulièrement brillantes. De plus, selon M. Kimme, le film TPU est plus facile à nettoyer, car la saleté n’y adhère pratiquement pas.

Le PVC est un matériau qui a fait ses preuves dans le domaine du collage automobile. Sur la photo : film KPMF (sur Spandex). Photo : Spandex

La polémique autour du PVC

Le PVC présente donc de nombreuses qualités pour le marquage des véhicules. Néanmoins, l’utilisation de ce matériau est loin d’être idéale du point de vue de l’environnement et de la santé, car le PVC présente certains inconvénients.

Ainsi, le travail avec le PVC peut présenter un risque pour la santé. Le vinyle contient des plastifiants, indispensables à sa souplesse. Certains de ces plastifiants, tels que les phtalates, sont soupçonnés d’être nocifs pour la santé. C’est pourquoi, en Allemagne, les phtalates sont interdits dans de nombreux produits de grande consommation, selon l’Agence fédérale de l’environnement.

L’impression sur vinyle s’accompagne souvent d’émissions de composés organiques volatils (COV). Cela vaut tout particulièrement pour les encres à base de solvants ainsi que pour le réchauffement des films.

Enfin, l’élimination du PVC pose encore souvent problème. Ce matériau n’est pas biodégradable. Il existe certes un nombre croissant d’installations de recyclage du PVC. Cependant, le désencrage et le tri sélectif sont particulièrement complexes, notamment pour les films imprimés et laminés.

De ce fait, les films graphiques contenant du PVC finissent souvent dans les usines d’incinération des déchets. Or, pour pouvoir valoriser le vinyle, ces installations doivent être équipées de filtres très performants, car la combustion peut générer des dioxines toxiques.

Les films en TPU (ici de CYS Europe) sont disponibles en finition brillante et mate. Photo : CYS Europe

Alternatives au PVC

On peut donc considérer, à juste titre, que le PVC est un matériau pour le moins controversé. C’est pourquoi les fabricants et les distributeurs, mais aussi les transformateurs, recherchent de plus en plus des alternatives.

À l’heure actuelle, il s’agit principalement de films en PU et en TPU. Ceux-ci contiennent moins de substances chimiques nocives et, de plus, leur combustion ne génère ni chlore ni dioxine. La série MPI 1405 d’Avery Dennison constitue par exemple un exemple de films pour véhicules à base de PU.

La mise en œuvre des films en TPU peut toutefois poser quelques difficultés aux utilisateurs qui ne sont pas habitués à ce matériau. M. Edling déclare à ce sujet : « Les applicateurs sont souvent encore réticents, car les matériaux sans PVC présentent souvent des propriétés de mise en œuvre différentes ». M. Kimme partage cet avis et souligne que les films en TPU sont actuellement encore plus chers que le PVC. Pour lui, le TPU reste toutefois, dans l’ensemble, le meilleur choix pour un habillage automobile de haute qualité et durable. Des films en TPU colorés sont par exemple proposés par CYS Europe.

D’autres alternatives au PVC, telles que les films PP EcoPlot Aslan PP 112, ne sont généralement destinées qu’à une utilisation de courte durée sur des surfaces planes. On peut les utiliser, par exemple, dans le domaine du car wrapping pour des panneaux de petit format ou des autocollants sur des parois latérales sans moulures ni rivets. Il en va de même pour les films en PET tels que le Neschen Easy Dot PET.

Le PVC reste un sujet controversé dans le domaine du car wrapping

Le PVC est encore couramment utilisé aujourd’hui pour la plupart des applications d’autocollants automobiles. Cependant, ce matériau controversé ne semble plus indispensable. Avec le TPU, mais aussi le PU, le PET et le PP, il existe désormais des films alternatifs qui sont, dans certains cas, nettement supérieurs au PVC pour les applications d’autocollants automobiles.

À l’heure actuelle, leur part de marché reste encore faible. Mais cela pourrait changer rapidement au cours des prochaines années. Cela aura alors pour conséquence de réduire considérablement les écarts de prix entre les différents types de films.

C’est notamment dans le cadre des appels d’offres publics et auprès des grands groupes soumis à une obligation de reporting environnemental que l’on sollicite déjà aujourd’hui de plus en plus souvent des alternatives sans PVC. De plus, de plus en plus d’imprimeurs numériques, de techniciens publicitaires et de poseurs de films prennent conscience que les films sans PVC sont également plus bénéfiques pour leur propre santé. Mais cela dépend désormais également des clients finaux qui commandent le marquage de leurs véhicules. Ils doivent être prêts à accepter des prix légèrement plus élevés afin de réduire l’impact sur l’environnement et la santé.